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Appuyée par les compagnies étrangères, l'exploitation du pétrole est en grande partie responsable de la guerre civile au Soudan, terriblement destructrice et déjà vieille de 18 ans. Le gouvernement contrecarre les efforts de paix en utilisant les revenus du pétrole pour construire des usines de munitions et augmenter sa capacité guerrière. Les victimes de cette guerre ne sont pas que les groupes d'opposition armée, mais les civils, comme les gens du chef Yar, en qui le gouvernement voit un obstacle à la production de pétrole. Une compagnie canadienne, Talisman Energy de Calgary, compagnie pétrolière de pointe dans le monde, est associée au régime soudanais. Amnistie internationale en 1999, Christian Aid et une mission d'observation mandatée par le gouvernement canadien en 2000, des leaders d'Églises canadiennes en 2001, et tout récemment, messieurs Gagnon et Ryle, envoyés par KAIROS, ont tous clairement démontré, dans des rapports qui font autorité, que Talisman est fortement complice de violations des droits humains et des lois internationales au Soudan. Selon ces rapports, les peuples indigènes vivant sur les concessions de pétrole, dont celles de Talisman, sont violemment déplacés par dizaines de milliers. Les personnes qui survivent au bombardement aérien, aux attaques d'hélicoptères de combat ou aux raids terrestres, finissent souvent par mourir de faim et de maladie, épuisées par les longues marches à la recherche de nourriture et de sécurité. De plus, l'armée utilise les pistes d'atterrissage des concessions de Talisman pour lancer des attaques aériennes sur les villages situés sur les concessions pétrolières. À ce jour, malgré l'évidence des faits, Talisman, se présentant comme un modèle de citoyen corporatif, refuse tout net de reconnaître l'existence de déplacements de population à cause du pétrole ou toute complicité dans cette tragédie. Le Groupe de travail sur les Églises et la responsabilité des entreprises affirme que, dans son rapport 2000 sur sa responsabilité sociale, Talisman cache son rôle dans la guerre civile. Selon le rapport Gagnon/Ryle (PDF-2001), Talisman est devenue une organisation commerciale mercenaire. Et le révérend Bill Philips, ancien modérateur de l'Église unie du Canada, de retour de sa visite dans la région pétrolière, en avril 2001 dit que ses revenus, profitant au régime soudanais, sont de l'argent souillé par le sang. Au Soudan, les Églises partenaires veulent le départ immédiat de Talisman et la suspension de tout développement pétrolier jusqu'à la venue d'une paix juste et durable. Le gouvernement du Canada, qui s'autoproclame héraut des droits humains tant au pays qu'à l'étranger, refuse d'agir contre Talisman: il n'aurait pas les instruments législatifs nécessaires ! Alors pourquoi ne pas les créer, ces instruments? C'est ce que les Églises canadiennes réclament depuis près de deux ans. Jusqu'ici, Ottawa n'a rien fait. Plus épouvantable: le gouvernement canadien profite de la complicité de Talisman dans la misère humaine. En effet, en plus de percevoir les impôts de l'entreprise, le gouvernement canadien investit des sommes importantes du Régime de pensions du Canada (RPC) dans des actions de Talisman (près de 53,7 millions de dollars). [Note: Les citoyennes et citoyens du Québec ne cotisent pas au RPC mais au Régime des rentes du Québec (RRQ).]
Comme Canadienne ou Canadien, acceptez-vous que vos contributions RPC soient investies dans une compagnie responsable d'une situation d'injustice et de grande souffrance humaine au Soudan? KAIROS vous demande de faire connaître par courrier à votre député(e) vos préoccupations face à cette situation. Si c'est possible, dites-les lui directement en profitant des vacances pour rencontrer cette personne. Vous pouvez soulever des points comme les suivants: * De nombreux rapports ont montré à l'évidence que Talisman Energy est complice d'importantes violations de droits humains au Soudan (voir la version intégrale du rapport Gagnon/Ryle sur le site Web de KAIROS) Talisman refuse toute responsabilité dans les déplacements forcés ou dans les attaques sur des civils et se comporte comme une compagnie mercenaire, indifférente à la misère humaine causée par ses propres opérations * Dans sa prétention d'être un modèle de citoyen corporatif, Talisman essaie de tromper et de cacher son vrai rôle dans la guerre civile au Soudan Vous pouvez exprimer les demandes suivantes:
N'oubliez pas d'envoyer une copie de votre lettre (ou d'aviser de votre rencontre) à Gary Kenny, chargé de recherche et de plaidoyer concernant les droits humains en Afrique |
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