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Monsieur Peter MacKay, ministre des Affaires étrangères
Sujet: Les tueurs d’un défenseur des droits humains appuyé par l’ACDI en République démocratique du Congo demeurent au large.Le 31 juillet 2005, un leader de la défense des droits humains, Pascal Kabungulu Kibembi, était assassiné dans sa résidence à Bukavu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). M. Kabungulu était le secrétaire exécutif de l’organisation Héritiers de la justice, un partenaire de KAIROS et de nombreuses Églises canadiennes, jouissant du soutien des payeurs de taxes canadiens par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international. Son organisation avait rapporté de nombreuses violations des droits humains commises par des groupes armés dans l’est de la RDC et avait réclamé du gouvernement qu’il mette fin à l’impunité avec laquelle opèrent ces groupes. Vers la fin de l’année 2005, le colonel Thierry Ilungu, commandant de la 105e Brigade des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) était arrêté et traduit en justice devant les militaires. Le colonel Ilungu avait adressé des menaces à M. Kabungulu par le passé et il fut accusé d’avoir commandé son assassinat. Il fut condamné, mais cette condamnation fut par la suite levée à cause des pressions exercées par les militaires. Aucune autre action n’a suivi. (Cf. l’annexe pour les détails.) Malgré la visite d’une délégation du Comité permanent du Sénat sur les affaires étrangères, dirigée par son président M. Peter Stollery et accompagnée de représentants de Héritiers de la justice, et malgré le froid accueil de nos inquiétudes par l’ambassadeur du Canada en RDC, KAIROS n’a pas reçu de nouvelle d’aucune autre action qui aurait été entreprise pour donner suite à cette affaire depuis notre première lettre du 11 août 2005 au ministre Pierre Pettigrew. Néanmoins, nous de KAIROS considérons que des efforts du Canada pour obtenir justice dans le cas du meurtre de M. Kabungulu constituerait un moyen de commencer à résoudre le problème plus général de la culture d’impunité qui règne en RDC et qu’ont exacerbée la guerre récente et les troubles qui s’en sont suivis. Les combats ont réclamé en tout près de quatre millions de vies, ce qui représente le plus grand nombre de morts depuis la Deuxième guerre mondiale. Nous demandons donc aux responsables du Canada :
Nous persistons également à demander au gouvernement du Canada qu’il réclame du gouvernement congolais nouvellement élu :
Bien que les différents tours de la récente élection, historique, en RDC constituent un premier pas important vers l’instauration de la règle du droit et de la bonne gouvernance, cette élection ne résout pas d’elle-même les nombreux cas d’impunité; et les cas demeurés impunis encouragent à commettre d’autres actes semblables. En s’attaquant au cas très concret de l’assassinat de M. Kabungulu, le gouvernement du Canada créera un baromètre de la justice pour les Canadiens – hommes et femmes – qui suivent de près la situation en RDC. Nous avons toute raison de croire que des personnes en autorité en RDC préfèrent voir effacer la mémoire de M. Kabungulu. Même si les membres de la famille de M. Kabungulu se sont maintenant établis au Canada à titre de réfugiés, il faut faire la vérité sur sa mort et assurer la protection de celles et ceux qui continuent de se battre pour les droits humains en RDC, afin que la justice soit pleinement accomplie. Dans l’attente de votre réponse, je demeure Vôtre. Mary Corkery
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