| |

Déclaration de responsables d’Églises sur
les droits des Autochtones
Table ronde sur l’autodétermination
et la gouvernance
19 mars 2003 – Ottawa (Ontario)
Voir aussi
La rencontre que nous venons de vivre prend place dans une démarche,
longue de plusieurs dizaines d’années, et qui a vu les
Églises témoigner leur solidarité aux Premières
nations dans leur lutte pour définir leur propre avenir. Les
Églises ont appuyé l’insertion des droits autochtones
et issus de traités dans la Loi constitutionnelle de 1982 et
défendu une approche de nation à nation dans la conciliation
et la définition de ces droits. Nous croyons que la reconnaissance
et le respect des droits autochtones inhérents et issus de
traités, y compris le droit à l’autodétermination,
sont essentiels à l’amélioration des relations
entre les peuples autochtones et non-autochtones du Canada.
Nous avons de sérieuses réserves quant à la
Loi concernant la gouvernance des Premières nations. À
notre avis, cette loi menace les droits inhérents et issus
de traités des Premières nations et perpétue
une politique fédérale discriminatoire, que la Commission
royale sur les Peuples autochtones de 1996 a tenue responsable des
problèmes sociaux et économiques éprouvés
présentement par les Premières nations. Nous sommes
également préoccupés de ce que la législation
soit imposée aux Premières nations, de façon
unilatérale et sans leur consentement.
Nous réaffirmons ici notre solidarité avec les Premières
nations et nous demandons:
- un moratoire sur toute législation fédérale
touchant les Premières nations, tant que ces dernières
ne lui ont pas donné leur appui;
- une approche non-partisane, de la part de toutes les parties,
des soucis et préoccupations des Premières nations,
ce qui nous apparaît essentiel à l’établissement
de nouvelles relations avec les peuples autochtones;
- une approche permettant aux Premières nations de se gouverner
et de s’autodéterminer, dans la ligne du rapport
et des recommandations du Comité parlementaire spécial
sur l’autonomie gouvernementale des Autochtones (1983),
du rapport final et des recommandations de la Commission royale
sur les peuples autochtones (1996) et du rapport du Comité
permanent du Sénat sur les peuples autochtones (2000).
Les droits des peuples autochtones sont reconnus par le droit international
et les documents fondateurs de ce pays. Plus important encore, ils
revêtent une dimension morale qui rejoint le cœur même
du Canada. La Commission royale sur les peuples autochtones réclamait
de nouveaux rapports avec les peuples autochtones, basés
sur la reconnaissance mutuelle, le respect, la responsabilité
et le partage. Le projet de loi C-7 nous éloigne beaucoup
d’une telle relation. Dans la situation actuelle des rapports
avec les Premières nations, il est inacceptable d’imposer
unilatéralement une législation qui aura un tel impact
sur les droits de ces dernières.
Aujourd’hui, en solidarité avec nos frères
et sœurs autochtones, nous demandons au gouvernement fédéral
d’abandonner le projet C-7 et d’entrer plutôt
dans une démarche qui reconnaisse et respecte les droits
des Premières nations.
Signé par:
Archidiacre Jim Boyles
Secrétaire général
Église anglicane du Canada
Révérend Mark Lewis
Modérateur de la 128e Assemblée de l’Église
presbytérienne du Canada
Révérend Dr. Ishmael Noko
Secrétaire général
Fédération luthérienne mondiale
Mgr Jean-Louis Plouffe
Évêque de Sault Ste. Marie ( Ontario)
Révérend Raymond Schultz
Évêque national, Église luthérienne évangélique
du Canada
Anne Squire
Ex-modératrice
Église unie du Canada
Don Peters
Directeur général
Comité central mennonite du Canada
Haut
de la page
|
|